La Fabrication de bijoux

Historique
Dans les familles touaregs, la bijouterie a toujours été une activité traditionnelle, qui s’ajoutait à d’autres activités.
En 1984, de nombreuses familles d’éleveurs, des peuls et des touaregs, ont tout perdu à cause d’une terrible sécheresse.  Pour compenser, les bijoutiers touaregs développent alors leur activité.
Le rallye Dakar développe le tourisme au Niger, et les contacts se multiplient avec les Européens, notamment français, allemands et belges. Les Peuls se chargent de la vente des bijoux.

Mais depuis 2012, les troubles sont fréquents au Niger, le pays est considéré comme zone rouge, et le tourisme disparaît ; les ventes locales sont donc rares et les Nigériens doivent venir vendre les bijoux en Europe. Depuis 2015, ils sont de plus en plus nombreux, notamment en France.

Actuellement
Les artisans bijoutiers sont très nombreux dans la région d’Agadès. Ils ont aussi d’autres activités pour pouvoir survivre. Le plus souvent, ils s’inspirent de bijoux anciens qu’ils reproduisent parfois à l’identique.
Par tradition, ce sont les hommes qui fabriquent les bijoux. Les femmes, elles, font des objets en cuir, des broderies, de la couture. Certains artisans sont spécialisés dans une catégorie de bijoux : bracelets, bagues, colliers, boucles d’oreilles, etc.
Les artisans travaillent soit en coopérative, soit chez eux, en famille et sont alors indépendants.

Provenance des matières premières
Auparavant,  l’argent (argent pur 925) était acheminé par les caravanes  depuis l’Asie ou les pays voisins. Actuellement, l’argent, toujours pur, vient du Nigéria, de l’Arabie Saoudite ou de Suisse. L’ébène est acheté en Côte d’Ivoire essentiellement. Les pierres viennent d’Asie. Le cuir (mouton ou chèvre) vient directement du Niger.

L’AET et la fabrication de bijoux
Depuis 2000, l’AET s’occupe de la fabrication et de la vente de bijoux fabriqués dans la région d’Agadès ; les bénéfices permettant de financer ses actions à Tagoudoum.

  1. Pour le compte de l’AET, Doutchi achète l’argent, l’ébène et les pierres.
  2. Il fournit la matière première aux artisans et leur passe commande avec une avance de 50%. 
  3. le reste est payé à la livraison, chaque bijou est pesé. 
  4. Doutchi vient vendre les bijoux en France .
    AET France-Niger l’aide à organiser des ventes, s’occupe de la trésorerie et envoie l’argent sur le compte en banque de AET au Niger.

Ce passage par AET France Niger  permet d’encaisser des chèques, et réduit notablement les frais d’envoi de l’argent au Niger : toute transaction  – par western union par exemple – est lourdement facturée (un peu plus de 5%) et limitée dans les montants ; un envoi groupé de banque à banque, comme c’est possible maintenant, coûte environ 20€.